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Théâtre action

Plus qu’une pièce de théâtre sur la pauvreté, un projet participatif qui donne la voix…

Une personne sur cinq court un risque de pauvreté ou d’exclusion sociale, même ici à Ath. Quelles sont les situations les plus fréquentes ? Les plus critiques ? Les nouvelles formes de pauvreté ? Nous avons mis en place des rencontres avec des bénévoles et des professionnels en lien avec les personnes précarisées de notre ville.

Janvier 2018, une dizaine de citoyens athois, vivant des situations difficiles ou sur le point de « basculer », échangent sur la façon dont chacun assume ce quotidien. À partir de leurs vécus, ils s’appliquent à écrire un spectacle de théâtre action. Sans expérience théâtrale préalable, ils dévoileront en juin leurs témoignages sur scène, en toute sincérité, après 5 mois de répétitions. Résultat ? Un spectacle pour sensibiliser le public aux formes de précarité, dire et dénoncer les injustices, questionner aussi, toujours avec humilité et dans le respect de l’autre.

Un spectacle pour ceux qui ont « du mal à joindre les deux bouts » à la fin du mois (personnes seules, parents isolés, sans-emplois, travailleurs précaires), qui doivent choisir entre se soigner ou se chauffer, qui ne se permettent plus une vie sociale active, qui se retrouvent exclus, démunis… C’est aussi un spectacle à l’attention de celles et ceux qui ne veulent pas fermer les yeux sur une réalité bien locale.

Les Funambules du Quotidien ont présenté et joué « Sur le Fil », l’aboutissement de plusieurs mois de travail, un spectacle de théâtre-action sur la pauvreté à partir de vécus athois. Au total, ils ont joué la pièce une dizaine de fois et ne comptent pas en rester là…

Durant les représentations de juin, le public était essentiellement composé de travailleurs sociaux, de bénévoles investis dans la lutte contre la précarité et de personnes touchées par la problématique. À l’issue du spectacle, chacun pouvait partager son avis en deux temps : comment prendre conscience que la situation est critique ? Qu'est-ce qui peut amener une personne à basculer dans la pauvreté ? Et qu’est-ce qui peut aider à revenir ou à rester en équilibre ?

Ce moment de réflexion était l’occasion de discuter sur la manière dont la précarité s’immisce dans le quotidien, depuis la conception d’un bébé jusqu’à la mort. L’intérêt du projet est d’éclairer la situation locale, en croisant les expériences et les points de vue, et d’aboutir à des solutions envisageables.

Nous retiendrons de ces échanges l’importance de la solidarité familiale, de voisinage et de la nécessité de garder des liens forts, d’être écouté et valorisé. D’adopter une consommation responsable et conscientisée, de troquer, de faire de la récup’, d’être actif et créatif, optimiste et volontaire ! L’importance aussi des loisirs, de la culture, des lieux de rencontres et d’expression, de partage et d’apprentissage... Et surtout : d’oser demander de l’aide. Une démarche difficile, mais essentielle pour s’informer correctement et réagir à temps.

Les associations de lutte contre la pauvreté, très présentes à Ath, se réuniront prochainement pour discuter des pistes dégagées et déterminer des actions communes ou complémentaires à mettre en place. Le public et les comédiens ont d’ailleurs salué leur travail et sont conscients de l’ampleur de ce qu’il reste à accomplir, notamment au niveau politique.

Nous remercions les « comédiens » pour leur incroyable implication (jusque dans la création des décors, des musiques, etc.). La force et la sensibilité dont ils ont fait preuve nous confortent dans l’idée que des personnes « fauchées » peuvent être pleines de ressources !   

Ce que les spectateurs en disent...
* Un spectacle touchant qui résonne en chacun de nous, car il reflète des réalités diverses du quotidien, des situations fidèles au ressenti des travailleurs, bénévoles et spectateurs.
* De l’émotion et de la créativité depuis l’écriture jusqu’au jeu en passant par la scénographie, les musiques, l’affiche… Et les solutions proposées à l’intérieur même des scènes !
* L’humour permet le recul nécessaire face à cette thématique qui interpelle, indigne, fait réfléchir et mobilise. Nous sommes tous susceptibles de basculer. 
 « On n’est pas des comédiens… Nous sommes des citoyens qui avons un message et des émotions à faire passer. On a le droit d’être qui on est, il faut s’exprimer ! Y a pas de honte… Moi je vis dans la précarité, mais je suis riche d’amour, de sourires… » Kim, une Funambule du Quotidien
 

 

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